Le Gain du Conteur

Touché par l'intérêt que les jeunes Togolais portent au théatre en général et au conte en particulier et surtout le désir de Mr Michel HOFFER de promovoir la culture dans son centre Hakuna Matata, Sylvain Kodjo MEHOUN pendant son séjour dans sa ville natale Lomé(TOGO) initie un projet de formation et un concours de conte : "Le Gain du conteur" dont voici le rapport:

 Le Gain du conteur - 21-28 décembre 2007 

« Les contes sont de belles histoires. Sont-elles vraies, sont-elles fausses ? Elles viennent de nos origines. » Liboy li nkundung, W. Liking, M.-J. Hourantier, Les classiques africains

 L’édition n°0 du festival « Le Gain du conteur » s’est déroulée du 21 au 28 décembre derniers. Elle a eu pour cadre le Centre Culturel Hakuna Matata, à Adidogomé, dans la banlieue ouest de Lomé. Elle a été articulée en trois phases essentielles :

-Une formation à l’art du conte (21-22 décembre 2007) -Un concours du meilleur conteur (27 décembre 2007) et -Un grand spectacle de clôture le 28 décembre 2007.

La formation a été animée par Sylvain Kodjo Mehoun. Comédien émérite, conteur professionnel, membre de la mythique compagnie ZITIC, il vit aujourd’hui en France. Avec le Mondoral, il participe chaque année aux journées « Pourquoi faut-il raconter des histoires ? » au Théâtre du Rond -Point à Paris.

 Selon lui, le conteur togolais sait conter mais ne sait pas en réalité ce que c’est que le conte, le conteur, pourquoi on dit un conte, et quels sont les outils du conteur. Cet absence de réflexion autour de l’art du conteur n’est pas la cause d’une quelconque paresse des conteurs togolais mais de la carence d’une formation qui fait du conte une profession. Pour cette raison, il a mis l’accent au cours de la formation sur les outils du conteur.

La formation a commencé par une visite du propriétaire. Nicolas Gbadoe, le gérant du Centre Culturel Hakuna Matata, fait à la quinzaine de participants une visite guidée atypique. Une balade contée. Un voyage dans l’univers magique du Roi Lion. Une belle entrée en matière qui permet à l’animateur de dévoiler « en situation » les divers outils dont un conteur peut disposer pour gagner son public : La voix,  la langue,  le geste et le non verbal,  l’espace et la gestion du public. Les éléments de cette balade sont utilisés  pour faire prendre conscience d’ un autre outil qui est la mémoire. Chaque participant doit se souvenir des différentes étapes de la balade et surtout donner des noms là où il y en a. Un conteur digne de ce nom doit également maîtriser l’écriture. Le conteur professionnel écrit ses contes c'est-à-dire la façon dont il va dire son conte. Il doit savoir là où il faut observer le silence, choisir son leitmotiv, son slogan. En pratique, il s’est agit pour les participants de réécrire un conte : C’est l’histoire d’un paysan qui rencontre en brousse un génie. -Fais un vœux, je t’exaucerai sur le champ. Et ton voisin en aura le double, lui dit ce dernier.  Le paysan réfléchit un moment et dit : -Crèves-moi un œil ! Cette histoire a été présentée comme un conte africain par un animateur pour démarrer une émission de grande écoute sur une radio française. L’exercice a consisté à réécrire l’histoire en y insérant divers clés pour sa compréhension par un public. A  la phase de la  restitution, la question importante du choix de la présentation s’est posée : « Je joue un personnage ou je raconte l’histoire de ce personnage ? En d’autres termes, j’opte pour la distanciation ou l’indentification quand je dis mon conte ? » Le deuxième jour, la formation s’est poursuivie avec la communication d’Amoussa Koriko sur les outils du comédien. Auteur de « Quand l’oiseau s’envole »[1] , comédien et metteur en scène, Amoussa koriko, a mis l’accent sur l’observation, un outil très important pour un comédien dans la recherche de son personnage. Après, ce fut le tour du jeune conteur Allassane Sidibé de parler de son expérience et surtout de la façon dont il s’y prend pour quitter son manteau de comédien afin de passer à celui de conteur. Travail difficile mais intéressant quand on connaît les outils du conteur.  L’après-midi, les participants répartis en différents groupes ont poursuivi le travail d’écriture. La journée s’est terminée par la restitution des différents contes et un jeu autour des devinettes et proverbes qui peuvent ponctuer une séance de contes. Rendez-vous fut pris pour le concours du meilleur conteur, le 27 décembre. Cette compétition qui a vu la participation de 12 candidats comprenait deux volets :écrit et oral. Chaque participant doit présenter 3 contes : un premier conte tout public, un deuxième pour enfants et le troisième imposé.

Les résultats ont été proclamés le 28 décembre lors de la grande soirée de clôture. Présidé par le Professeur Ayayi Togoata APEDO-AMAH, du département des lettres modernes de l’Université de Lomé, le jury du concours est constitué de CyriacNoussouglo, gestionnaire de patrimoine culturel et directeur adjoint du centre Hakuna Matata, Guy Missodey, professeur au département de lettres modernes de l’Université de Lomé, Amoussa Koriko, Auteur, comédien et metteur en scène, Sylvain kodjo Mehoun, comédien, conteur professionnel  en France.

Prenant la parole, le professeur Apédoh-Amah s’est félicité de la réussite du festival malgré le choix par les organisateurs de restreindre la communication au niveau des medias. Il s’est réjoui de la disposition des comédiens togolais à apprendre et à parfaire leur pratique. « Vous n’avez pas la grosse tête. C’est pour cela que vous vous êtes déplacé nombreux à cette formation. » a-t-il conclu.

 Les lauréats du concours sont :

1er Ganda David   Il gagne une promotion internationale  

2è  Sidibé Allassane.

 3è Danklou Yaovi  dit le Grec

La soirée s’est poursuivie avec le grand spectacle de clôture autour du feu dans une ambiance de veillées au clair de lunes. Le public qui s’est déplacé a pu suivre les prestations des trois lauréats ainsi que de trois conteurs professionnels GnimAtakpama, Beno Sanvee dit « Alouwassio » et  Sylvain Kodjo Mehoun.  

Fait à Lomé, le 31 décembre 2007 (Amoussa Koriko et Gnim Atakpama)

 [1] A.K. Abram’s, Quand l’oiseau s’envole, Paris, l’Harmattan, 2007. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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